./thesis / human-intelligence
L'intelligence humaine.
Pendant cinquante ans, le logiciel a fait s'adapter les gens. Menus, formulaires, tickets, formations. La prochaine couche de l'informatique s'adapte aux gens.
Des machines qui passent à côté
Les agents d'aujourd'hui réussissent des examens et perdent quand même un client en trois messages. Ils répondent aux mots et ratent l'intention. Ils poussent à conclure quand la personne a besoin d'être rassurée. Ils répondent en français soutenu à quelqu'un qui a écrit en argot. L'intelligence brute n'est plus le manque. Lire les gens, si.
L'intention, le ton et le contexte sont des données
Un message porte plus que son texte : qui demande, ce que la personne veut vraiment, ce qu'elle en ressent, ce qui a été dit avant, et ce que signifie le silence. Les humains traitent tout cela sans s'en rendre compte. Nous en faisons un problème d'ingénierie de premier ordre : des signaux à détecter, représenter et traduire en actes, avec la même rigueur que les modèles appliquent à la syntaxe.
Parler comme la personne, pas à la personne
Les gens font confiance à ce qui leur ressemble. Cela veut dire refléter la langue, le registre et le rythme : répondre à l'argot par l'argot, au formel par le formel, à un acheteur hésitant par la patience plutôt que la pression. Un agent qui réussit cela ne ressemble pas à un logiciel. Il ressemble à un collègue qui écoute.
La différence entre un outil et un coéquipier
Les entreprises ne tournent pas qu'aux données. Elles tournent aux conversations : vendre, accompagner, négocier, s'excuser, convaincre. Les agents incapables de tenir ces conversations restent des outils, éternellement surveillés. Ceux qui en sont capables deviennent des coéquipiers à qui l'on confie vraiment du travail. C'est cette couche que nous appelons l'intelligence humaine, et c'est elle qui rend le reste du stack utilisable par de vraies personnes.